Retraite OKLM #20

De la réflexion à l’action, le pas peut être difficile.

 

Hier, j’ai publié sur mon site une longue réflexion portant sur la grève des loyers, et plus largement sur le droit au logement et la propriété lucrative. J’en ai également profité pour envoyer un mail à mon propriétaire, l’informant de ma situation financière, afin de conformer mes actes à ma parole. La rédaction du courriel n’avait pas pris beaucoup de temps, mais j’ai tout de même hésité une demi-journée avant de l’envoyer.
Se retrouver dans une situation où l’on demande l’aumône à quelqu’un, c’est se retrouver immédiatement dans une position désagréable. Je me rappelle ainsi que je dépends de la bonne volonté de quelqu’un pour disposer de quatre murs entre lesquels me réfugier. Jamais agréable.

Quoi qu’il en soit, j’ai fini par passer par-dessus ces messages intériorisés issus d’une société en déliquescence et j’ai appuyé sur la touche « envoyer ». La réponse est venue plus tard et a apporté une bonne nouvelle : mon propriétaire accepte mes revendications. C’est pour moi, une première victoire.

 

Mais au-delà de cela, un podcast que mon frère m’a partagé me permet d’intégrer quelque chose dont j’avais déjà l’intuition : « Pour ceux d’entre nous qui ne peuvent pas monter au front — et ce sera la plupart d’entre nous — notre travail consistera à créer une culture qui encouragera et promouvra une organisation politique, et une résistance tenace. » Elle fait écho à toute une série de phrase qui résonnent constamment en moi, chaque jour avec plus d’intensité. Si j’avais des poutres apparentes dans ma mansardes, j’en ferais des sentences. Que ce soit les mots d’Arthur dans la série Kaamelott : « J’ai raté, mais je veux pas qu’on dise que j’ai rien foutu, parce que c’est pas vrai. » Ou Amanda Fucking Palmer et quelques mots jetés à son public : « It doesn’t matter if it’s good. It just matters that I made something. » (« L’important n’est pas que ce soit bon. L’important est simplement que j’ai fait quelque chose. »)

 

Plus le temps passe, plus ce confinement devient un jeûne de capitalisme. Il faut espérer que lorsque nous sortirons, nous serons suffisamment nombreux à en être sevrés. À ce moment-là, nous sortirons dans la rue, pour la prendre et ne jamais la rendre, sous aucun prétexte.

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