Retraite OKLM #21

Cette journée passe sous le sceau du stress.

Suite à mes interventions sur la grève des loyers, il est plus que probable que je me retrouve demain matin sur un plateau de télévision pour faire valoir mon point de vue, face à un président d’un syndicat de propriétaires. J’ai enseigné à mes élèves il y a un moment déjà ce que doit être un débat. Je sais que ce n’en sera pas un. Il n’y aura pas d’échanges d’idée, demain. Je dois me saisir de ce moment qui m’est donné pour transformer l’espace en tribune.

Il y a une semaine encore, je me demandais comment je pourrais faire pour changer le monde. Hier encore, je considérais que la simple écriture était déjà suffisamment révolutionnaire. Et voilà qu’aujourd’hui, je me rends compte qu’il est possible de diffuser au pays entier un message concernant cette société mortifère. Je sens comme un poids sur ma poitrine et pourtant je suis certain de n’être pas touché par ce virus.

Il nous revient de mettre en place une « propagande par le fait », comme le disait Louise Michel : faisons tout notre possible pour déjà agir comme si nous étions dans ce monde de demain que nous rêvons. Montrons la voie et surtout, rendons nos actions publiques. Ne pas se taire sera déjà un premier acte de résistance. Bien sûr, il nous faudrait faire des compromis. Tant que nous vivrons dans ce système, nous sommes complices malgré nous. Mais qu’importe : cela ne fera que rendre notre colère plus grande.

Tu sais, j’ai encore en tête les mots de Pablo Iglesias, le chef de file de Podemos, en 2016 : « César Rendueles, un mec très intelligent, dit que la plupart des gens sont contre le capitalisme, mais ne le savent pas. La plupart des gens sont féministes et n’ont pas lu Judith Butler ni Simone de Beauvoir. Il y a plus de potentiel de transformation sociale chez un papa qui fait la vaisselle ou qui joue avec sa fille, ou chez un grand-père qui explique à son petit-fils qu’il faut partager les jouets, que dans tous les drapeaux rouges que vous pouvez apporter à une manif. Et si nous ne parvenons pas à comprendre que toutes ces choses peuvent servir de trait d’union, l’ennemi continuera à se moquer de nous. »

Nos actions doivent parler pour nous. Mais nous devrons aussi parler de nos actions. Jusqu’à présent, j’ai survécu à la société capitaliste. Je pensais que c’était suffisant pour lutter. Mais peut-être est-il temps de vivre une société post-capitaliste, même si je sais déjà que ce ne sera pas facile.

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