Supplique printanière

Oh ! je t’en supplie, n’oublie pas de rire !
Je sais que ce n’est pas toujours facile et que le monde ne s’y prête guère. Parfois, c’est bien normal, on aurait envie de baisser les armes. Je sais toutes les horreurs de la Terre. On voudrait se laisser aller aux larmes. On voudrait laisser la tristesse envahir notre âme, qu’elle nous inonde et éteigne toute flamme. Heureusement, il survit toujours une étincelle.

Je t’en supplie, n’oublie pas de rire.
Tu as tellement de raisons d’être heureuse, tu sais ? Le monde n’est pas parfait, loin de là, mais regarde donc par ta fenêtre et vois le printemps qui revient enfin. Ne ressens-tu pas les échos de cette Nature qui se réveille de son long sommeil ? Si par malheur tu ne trouves rien en toi qui vaille la peine de se réjouir, puise dans ce spectacle millénaire la force de sourire. Laisse-toi aller à ce débordement de vie et accompagne de tes éclats de bonheur ce rouge-gorge qui se cache dans le bourgeonnement des buissons pour chanter quelques notes envolées.

Je t’en supplie, n’oublie jamais de rire.
Car si les moments présents peuvent être parfois tristes, tu peux te raccrocher au passé ou au futur. La vie, c’est tellement plus que ces quelques secondes qui filent sous tes doigts. C’est un fleuve qui s’écoule, sans cesse changeant, disait ce philosophe. Plonge-toi donc dans le torrent de ces souvenirs heureux qui faisaient que tu te sentais si vivante, lorsque le soleil d’été réchauffait nos cœurs. Souviens-toi qu’il brille toujours, ce disque de lumière, même lorsqu’il est voilé par les nuages. Et souviens-toi que les nuages finissent par passer, même ceux qui laissent une ombre froide sur les plaines.

Je t’en supplie, même dans la nuit la plus noire, n’oublie pas de rire.
N’oublie jamais de rire dès que tu le peux. Il ne faut pas perdre la moindre occasion. La vie passe si vite. En une minute, en une seconde, elle a filé, sans que l’on s’en aperçoive. Il n’en restera rien d’autre que ce rire qui un jour aura retenti à mes oreilles, comme un cristal qui tinte sans s’arrêter. Ah ! s’il devait rester une seule chose, lorsque l’univers s’écroulera sur lui-même, je veux que ce soit cela : ton rire si doux dans lequel tout disparaîtra.

Je t’en supplie, ma belle, n’oublie pas de rire.
Je pourrais vivre des années en m’abreuvant seulement à la source de ton rire. J’aimerais tellement m’en faire une couverture dans laquelle je pourrais m’endormir sans penser à rien d’autre qu’à cette musique qui va de ta bouche à mes oreilles. Tu es si belle, lorsque tu ris, que l’on ferait tout pour que jamais tu ne t’arrêtes, que jamais tu n’aies à pleurer. Tu es si belle lorsque tu ris qu’on sentirait presque le monde basculer.

Oh ! n’oublie pas de rire.
Et si ce n’est pas pour toi, sois pour moi l’espace d’un instant l’enfant que tu sais si bien être. Je te le demande égoïstement. Ris-toi du monde. Vas-y, souris devant toutes ces petites merveilles du quotidien. Puisqu’il te faut un prétexte, pense à tous ceux qui t’aiment et qui sont là pour toi. Pense à tout le bien que tu leur feras en te jouant ainsi de tes pensées sombres. Pense à cette chaleur qui émane de tout ton être lorsque tu ris. Réchauffe de ces quelques notes ceux qui tiennent à toi.

N’oublie pas de rire.
Fais entendre ton rire au monde entier. Même loin, je sais que je l’entendrai. S’il te plait, fais entendre à tous ceux-là les doux arpèges de ta joie. Illumine-les cette mélodie égrenée dans le silence de leurs vies.

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