Lunaire Septe

Il y a quelque chose en moi qui réagit
À la lourdeur du temps, à ce ciel nébuleux,
Au soleil, à la pluie qui tombe sur le sol,
Nettoyant l’air vicié, et puis qui s’évapore.

Quand je lève les yeux vers l’astre de la nuit,
Je réfléchis longtemps. Parfois, je suis heureux :
La musique du vent me retient par le col,
La chaleur entre en moi, me réchauffe le corps.

D’autres fois, revêtu de ma mélancolie,
Je pense trop longtemps. Jeune, je me sens vieux,
Comme si le monde détruisait ses idoles.
Je me couche dans l’herbe, et j’oublie, et je dors.

Je me couche dans l’herbe et puis je m’assoupis.
Une goutte tombe juste entre mes deux yeux ;
Je tends les bras en croix, j’écoute la nuit folle
Qui, sertie d’étoiles, chante et murmure encore.

J’erre dans la ville, guidé par mon envie,
Toujours un peu perdu sous le gris de ces cieux.
On fête le pays : l’armée et le pétrole,
Le travail, le progrès et ce beau dieu qu’est l’or.

Je sens quelques chose, comme un fruit blet, pourri.
Le citoyen, muet, abandonne son feu,
Pour celui du poste qui rend sa tête molle.
Il regarde l’écran, son esprit, lui, est mort.

Ces vers inutiles sont jetés sans un bruit
Se perdant dans la toile, oubliés d’ici peu.
J’ai écrit quelques mots – c’est ce qui me console –
J’ai donné mon avis sans trop pleurer sur mon sort.

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