Lunaire None

Je suis perdu. Je suis perdu et j’erre.
J’ai enfin fui la vile et ses lumières.
Je ne parvenais plus à respirer :
Lors d’orages, j’ai hurlé ma colère,
Et ma rage surpassa le tonnerre,
Mêlant larmes et pluie pour exploser.

J’ai recherché l’ailleurs, y ai trouvé
D’autres paysages qui font rêver.
J’avais besoin de goûter un autre air.
J’ai empli mes poumons. J’ai respiré
Les montagnes vertes, le ciel d’été.
J’avais besoin de sentir d’autres terres.

Loin du cirque qui fait le quotidien,
Dans un cirque, je me suis senti bien.
Entouré de roches, je me sens mieux.
Je constate qu’à moi il ne parvient
Ni pollution lumineuse, ni rien.
Déjà j’oublie les néons des faux dieux.

Je me couche dans l’eau, devenant vieux.
Les yeux mi-clos, je vois des arquencieux,
Tableaux rêvés, mirages rimbaldiens.
Tout près du rivage, dans ce beau lieu,
J’observe, en nage, le bleu des cieux,
Des nuages, ballet aérien.

Je suis parti. Bientôt, je reviendrai.
Je reviendrai en forme et reposé.
Je me gorge encore de l’air du temps,
Je regarde de splendides couchers
Dont les rayons enflamment les vallées.
À travers la forêt souffle le vent.

Je me couche dans l’herbe en observant
Le spectacle du soir sur le ponant.
Je m’envole, sombrant les yeux fermés,
La lune se lève très lentement.
Un rayon transperce mon cœur d’enfant.
Excusez-moi, amis, je prends congé.

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