{"id":657,"date":"2018-03-21T23:31:42","date_gmt":"2018-03-21T23:31:42","guid":{"rendered":"http:\/\/inspirationdesurvie.net\/blog\/?p=657"},"modified":"2018-03-22T20:30:34","modified_gmt":"2018-03-22T20:30:34","slug":"crispations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/inspirationdesurvie.net\/blog\/crispations\/","title":{"rendered":"Crispations"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Il y a des moments comme \u00e7a o\u00f9 l\u2019on a envie de se poser un peu, de m\u00e9diter sur la vie, l\u2019univers, le reste. O\u00f9 l\u2019on prendrait bien quelques poign\u00e9es de minutes dans le creux de sa main pour essayer de distinguer le \u00ab\u00a0tic\u00a0\u00bb du \u00ab\u00a0tac\u00a0\u00bb, pour comprendre comment les choses sont ce qu\u2019elles sont. J\u2019y pense ce soir en sentant ma m\u00e2choire se crisper de plus en plus \u00e0 cause du stress qui s\u2019accumule en moi, comme autant de grains de sable qui remplissent le sablier de ma vie. Je sens \u00e9galement le poids des secondes, des minutes, des heures, bref de tout le poids du temps qui s\u2019accumule sur mes \u00e9paules pas si solides que \u00e7a. Je commence \u00e0 craquer.<br \/>\nLitt\u00e9ralement, s\u2019entend. Tout mon corps ploie sous ce poids qui ne s\u2019all\u00e8ge pas. Jamais. Le pr\u00e9sent, le futur et le pass\u00e9 s\u2019amassent sur ma carcasse. Les responsabilit\u00e9s fondent sur moi comme des oiseaux de proie. Elles tournent autour de moi, vautours affam\u00e9s, attendant que je m\u2019\u00e9croule pour picorer mon corps encore chaud.<!--more--><br \/>\nPour \u00e9chapper \u00e0 ces pr\u00e9sences, je passe le temps dans les mondes fictifs\u00a0: romans, films, s\u00e9ries, bandes dessin\u00e9es, musiques, tout ce qui peut me tirer de ce cauchemar \u00e9veill\u00e9 qu\u2019est la r\u00e9alit\u00e9. Un casque sur les oreilles, je me couche dans le noir, pour que seule mon ou\u00efe jouisse des subtilit\u00e9s d\u2019un morceau r\u00e9cemment d\u00e9couvert\u00a0: Before the beginning de John Frusciante. Allong\u00e9, je laisse se d\u00e9ployer les notes qui m\u2019enveloppent. Le son est pouss\u00e9 suffisamment fort pour que seule la musique peuple mon monde. Pendant quelques minutes, je quitte la fatigue et le stress. Mes muscles se d\u00e9tendent et mon cerveau voyage loin de tout.<br \/>\nArrive la fin du morceau et la r\u00e9alit\u00e9 vient se rappeler \u00e0 moi brutalement. Je redescends, clou\u00e9 au sol par une publicit\u00e9 sans \u00e2me pour une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019assurance dont je me fous compl\u00e8tement. Je me redresse en maugr\u00e9ant et je coupe l\u2019annonce parasite en plein \u00e9lan. Je maudis l\u2019engeance qui est \u00e0 l\u2019origine de cette tentative de viol de mon inconscient. Qu\u2019\u00e0 cela ne tienne\u00a0: je passe \u00e0 une autre musique, que les algorithmes me proposaient d\u00e9j\u00e0, et je lance Maggot Brain de Funkadelic, chanson qui m\u2019entraine immanquablement \u00e0 des encablures de toute exasp\u00e9ration. Pendant dix minutes, je baigne dans une pleine b\u00e9atitude. Je me laisse porter par les envol\u00e9es de cette guitare qui s\u2019accorde si bien avec mon c\u0153ur. Je savoure l\u2019instant comme on go\u00fbte \u00e0 un fruit frais en \u00e9t\u00e9, lorsque le soleil rayonne si fort que m\u00eame l\u2019int\u00e9rieur de notre \u00eatre est ass\u00e9ch\u00e9.<br \/>\nEncore une fois, une publicit\u00e9 vient m\u2019arracher \u00e0 mes consid\u00e9rations pseudo-philosophiques. Alors que j\u2019essaie de l\u2019utiliser comme plongeoir pour m\u2019enfoncer dans mes r\u00e9flexions abyssales, la plateforme de musique veut elle aussi m\u2019utiliser pour me vendre des produits dont je n\u2019ai pas besoin et qui ne me servent de rien. C\u2019en est fini de mes tentatives d\u2019\u00e9vasion. La soci\u00e9t\u00e9 m\u2019a rattrap\u00e9 et m\u2019a rappel\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait inutile de fuir\u00a0: elle est partout et elle attend de moi que je reste \u00e0 ma place. Retour au stress et \u00e0 la fatigue. Les vacances sont finies.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ami marketeux, je te hais. Je ne te pardonnerai jamais cette violence. Je n\u2019oublierai pas toutes ces tentatives d\u2019entrer dans mon intimit\u00e9. Chaque fois, tu plantes un couteau dans mon cerveau. Ces plaies restent vives. Le jour o\u00f9 l\u2019on viendra te chercher, toi et tes coll\u00e8gues, je ne pleurerai pas sur ton sort, toi qui m\u2019emp\u00eaches de m\u2019\u00e9vader pour moins de trente deniers. Je sourirai lorsqu\u2019on te fera autant de mal que tu nous en as fait, \u00e0 nous tous r\u00eaveurs de tous bords qui nous sommes heurt\u00e9s dans notre envol \u00e0 ton envie de faire du fric. Tu nous cloues au sol. Un jour, nous trouverons un moyen de te clouer le bec.<\/p>\n<p class=\"wp-flattr-button\"><a class=\"FlattrButton\" style=\"display:none;\" href=\"https:\/\/inspirationdesurvie.net\/blog\/crispations\/\" title=\" Crispations\" rev=\"flattr;uid:Alexis_Ids;language:fr_FR;category:text;tags:Envol,Musique,R\u00e9alit\u00e9,Stress,Temps,blog;popout:0;button:compact;\">Il y a des moments comme \u00e7a o\u00f9 l\u2019on a envie de se poser un peu, de m\u00e9diter sur la vie, l\u2019univers, le reste. 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