{"id":433,"date":"2015-04-20T14:10:32","date_gmt":"2015-04-20T14:10:32","guid":{"rendered":"http:\/\/inspirationdesurvie.net\/blog\/?p=433"},"modified":"2015-08-22T21:02:08","modified_gmt":"2015-08-22T21:02:08","slug":"dans-les-yeux-du-soleil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/inspirationdesurvie.net\/blog\/dans-les-yeux-du-soleil\/","title":{"rendered":"Dans les yeux du soleil"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_435\" style=\"width: 3658px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/inspirationdesurvie.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/A_womans_eye.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-435\" class=\"wp-image-435 size-full\" src=\"https:\/\/inspirationdesurvie.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/A_womans_eye.jpg\" alt=\"CC-BY-SA Petar Milo\u0161evi\u0107\" width=\"3648\" height=\"2156\" srcset=\"https:\/\/inspirationdesurvie.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/A_womans_eye.jpg 3648w, https:\/\/inspirationdesurvie.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/A_womans_eye-300x177.jpg 300w, https:\/\/inspirationdesurvie.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/A_womans_eye-1024x605.jpg 1024w, https:\/\/inspirationdesurvie.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/A_womans_eye-500x296.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 3648px) 100vw, 3648px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-435\" class=\"wp-caption-text\">A woman&rsquo;s eye &#8211; CC-BY-SA Petar Milo\u0161evi\u0107<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la fra\u00eeche chaleur du printemps, Bruxelles frissonne. Ses rues fr\u00e9missent dans la brise avrill\u00e9e. Les chemises se d\u00e9collettent, r\u00e9v\u00e9lant des vall\u00e9es que l&rsquo;hiver avait oubli\u00e9es. Les robes longues et l\u00e9g\u00e8res aux allures estivales claquent au vent. Tous les corps se tournent vers le soleil, cherchant \u00e0 se gorger de lumi\u00e8re. Dehors, les gens se parent de couleurs vives, sans doute afin d&rsquo;amener plus vite \u00e0 eux le mois de juillet, qui est encore si loin d&rsquo;eux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more-->Au bois de la Cambre, les \u00e9tudiants se massent au plus pr\u00e8s des eaux du lac. Ils discutent, ils lisent, ils boivent, ils rient. Dans toutes les langues du monde, l&rsquo;endroit a des accents babyloniens. J&rsquo;y passe souvent, n&rsquo;h\u00e9sitant pas \u00e0 faire un d\u00e9tour pour profiter de la vie qui ralentit dans cet \u00e9crin de verdure, au c\u0153ur du b\u00e9ton et du m\u00e9tal qui font la ville.<br \/>\nAujourd&rsquo;hui, moins en retard que d&rsquo;habitude, mais n\u00e9anmoins en retard, je marche vite dans les all\u00e9es bord\u00e9es de jeunes hommes et femmes en fleur, plant\u00e9s dans l&rsquo;herbe qui reverdit. Je d\u00e9passe une paire de renoncules \u2013 des boutons d&rsquo;or \u2013 d&rsquo;abord sans les remarquer. Ayant l&rsquo;impression que les deux bourgeons d&rsquo;un jaune \u00e9clatant me regardent, et m&rsquo;apercevant que ce n&rsquo;est pas encore la saison, je me retourne, et tombe \u0153il \u00e0 \u0153il avec une jeune femme allong\u00e9e \u00e0 quelques enjamb\u00e9es de moi.<br \/>\nSes yeux d&rsquo;or croisent les miens, pendant un court instant qui semble s&rsquo;\u00e9terniser en si\u00e8cles flamboyants. Finalement, elle d\u00e9tourne le regard, dans ce qui est un d\u00e9chirement pour moi. La femme-soleil pose ses pupilles aurif\u00e8res sur les reflets dansant du lac. Elle le fixe tellement que j&rsquo;ai l&rsquo;impression que les eaux vont s&rsquo;enflammer. Moi-m\u00eame, je me sens envahi d&rsquo;une ardeur grandissante, qui passe sur mes joues puis court sur tout mon visage.<br \/>\nJe suis l\u00e0, immobile, et je garde le souvenir de ces deux \u00e9clairs dor\u00e9s. Ils laissent dans ma m\u00e9moire une marque ind\u00e9l\u00e9bile. D&rsquo;avoir vu ces soleils vrill\u00e9s, je reste encore \u00e9bloui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Reprenant mes esprits, je fais un pas vers toi. Je te parle, mais tu ne m&rsquo;\u00e9coutes pas. Tu ne me vois pas, et moi je ne vois que toi. Tu contemples le monde, sans me remarquer. Tu poses tes yeux lointains sur toute chose avec la m\u00eame indiff\u00e9rence. Apr\u00e8s tout, le soleil ne se soucie pas des yeux qui se tournent vers lui.<br \/>\nJe tends la main vers toi, pour essayer d&rsquo;attraper un \u00e9clat de ton regard. Autant essayer d&rsquo;attraper des \u00e9toiles dans le creux de la main. J&rsquo;essaie de t&rsquo;atteindre, en vain. Ramenant ma main \u00e0 moi, je me tourne et j&rsquo;essaie d&rsquo;oublier ta chaleur qui, pour un instant, m&rsquo;a touch\u00e9 si fort. Le feu qu&rsquo;elle a allum\u00e9 en moi br\u00fble encore et continuera sans doute de me consumer tout le printemps.<\/p>\n<p class=\"wp-flattr-button\"><a class=\"FlattrButton\" style=\"display:none;\" href=\"https:\/\/inspirationdesurvie.net\/blog\/dans-les-yeux-du-soleil\/\" title=\" Dans les yeux du soleil\" rev=\"flattr;uid:Alexis_Ids;language:fr_FR;category:text;tags:Amour,Avril,Bruxelles,Or,Printemps,Rencontre,Soleil,Yeux,blog;popout:0;button:compact;\">Dans la fra\u00eeche chaleur du printemps, Bruxelles frissonne. 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