{"id":360,"date":"2014-04-08T22:35:06","date_gmt":"2014-04-08T22:35:06","guid":{"rendered":"http:\/\/inspirationdesurvie.net\/blog\/?p=360"},"modified":"2015-08-23T12:29:58","modified_gmt":"2015-08-23T12:29:58","slug":"dans-les-nues","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/inspirationdesurvie.net\/blog\/dans-les-nues\/","title":{"rendered":"Dans les nues"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Ghlin. Tandis que glisse la pluie glac\u00e9e sur les fl\u00e2neurs du matin, un homme s&rsquo;englue dans la boue \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de toute maison.. Envelopp\u00e9 dans de trop nombreuses couches de v\u00eatements, il peine sur le chemin de terre, pieds nus. Rythmant sa marche, une bourse qu&rsquo;on ne devine qu&rsquo;\u00e0 peine tinte \u00e0 chaque pas. Sous sa capuche, on devine plus qu&rsquo;on ne la voit une peau h\u00e2l\u00e9e. Le front est barr\u00e9 de cheveux noirs tremp\u00e9s, retombant en paquets devant des yeux tout aussi noirs. Perdu dans les brumes exhal\u00e9es par une bouche large aux l\u00e8vres plates, son nez \u00e9pat\u00e9 renifle fr\u00e9quemment.<br \/>\nL&rsquo;homme regarde \u00e0 gauche puis regarde \u00e0 droite. Il aper\u00e7oit au loin la route qu&rsquo;il va devoir suivre pour parvenir jusqu&rsquo;\u00e0 sa destination. Il se remet en marche. C&rsquo;est pour lui la premi\u00e8re fois qu&rsquo;il peut observer cette campagne wallonne de ses propres yeux. Ni la boue ni la pluie ne le font d\u00e9chanter. Ces \u00e9tendues de terres le laissent \u00e9bahi. Parvenu sur une route goudronn\u00e9e parcourue de trous maintenant remplis d&rsquo;eau, il s&rsquo;\u00e9merveille face au spectacle des arbres qui dansent derri\u00e8re le rideau aquatique.<br \/>\nEn Belgique, m\u00eame la pluie finit par s&rsquo;arr\u00eater de tomber. Le ciel a vers\u00e9 de derni\u00e8res gouttes discr\u00e8tes. Le voyageur se d\u00e9fait de sa capuche et pousse un soupir de soulagement. Il sort une carte qu&rsquo;il tenait jusque l\u00e0 sous son manteau. Il observe les environs et cherche des rep\u00e8res. Apr\u00e8s quelques instants, sa mine soucieuse s&rsquo;illumine.<!--more-->Entamant une chanson sans paroles, il se met en chemin. Il parcourt l&rsquo;asphalte d\u00e9tremp\u00e9 \u00e0 pas maladroits. Sa marche est accompagn\u00e9e par le tintement r\u00e9gulier des pi\u00e8ces sur sa jambe. Quelques oiseaux piaillent dans le matin humide.<br \/>\nDans le lointain se profile une vieille ferme imposante, basse et longue. Petit \u00e0 petit, il s&rsquo;en approche jusqu&rsquo;\u00e0 cogner \u00e0 la porte. Le soleil arrive avec lui. Un long silence suit. Puis, il y a du mouvement \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la maison. Un homme d&rsquo;\u00e2ge m\u00fbr finit par ouvrir la porte, les yeux encore mi-clos. Un air de surprise passe rapidement sur son visage ensommeill\u00e9. Emp\u00e2t\u00e9, les joues ballantes, le front d\u00e9garni et les cheveux gris longs et fins, il tremble dans l&rsquo;air matinal et dans ses v\u00eatements fins. Son corps regrette la douce chaleur de son lit. Les deux hommes ne disent rien pendant un instant jusqu&rsquo;\u00e0 ce que le fermier balbutie quelques mots du bout de ses l\u00e8vres p\u00e2teuses.<br \/>\n&#8211; Vous \u00eates l\u00e0 pour la commande\u00a0?<br \/>\nSigne de t\u00eate r\u00e9pondant par l&rsquo;affirmative. Oui, il est l\u00e0 pour la commande. On lui fait signe d&rsquo;entrer. On ferme la porte sur lui, gardant la chaleur entre les murs \u00e9pais.<br \/>\n&#8211; Malheureusement, je me dois de vous annoncer que j&rsquo;ai du retard. Je ne pourrai r\u00e9unir les b\u00eates que d&rsquo;ici deux jours. Jeudi soir au plus tard.<br \/>\nUn court instant, l&rsquo;\u00e9tranger affiche un air ennuy\u00e9. Il se plonge dans ses r\u00e9flexions puis l\u00e8ve ses yeux noirs sur son interlocuteur. Il a un l\u00e9ger sourire aux l\u00e8vres.<br \/>\n&#8211; Dans ce cas, il va falloir que je loge quelque part. J&rsquo;ai bien peur de ne pas avoir un budget impressionnant. Est-ce que vous pourriez me conseiller quelque chose\u00a0?<br \/>\n&#8211; Il y a bien une auberge de jeunesse, plus dans le centre de la ville. Il faut juste pas rechigner \u00e0 dormir en dortoirs.<br \/>\nIl lui est r\u00e9pondu que \u00e7a ne posera sans doute aucun probl\u00e8me. Apr\u00e8s quelques excuses renouvel\u00e9es de la part du fermier, le jeune homme s&rsquo;en va vers Mons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>J&rsquo;ai donc parcouru le chemin jusqu&rsquo;au centre de la ville, ne sachant pas ce que je devais faire. Pas un de nous n&rsquo;avait pr\u00e9vu un tel cas de figure. Mais j&rsquo;avais sur moi assez pour vivre quelques jours sans trop m&rsquo;en faire. Sur le chemin, je r\u00e9fl\u00e9chissais. L\u00e0-haut, on ne s\u2019inqui\u00e8terait pas de moi avant une semaine d&rsquo;absence. Puisqu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien d&rsquo;autre \u00e0 faire que d&rsquo;attendre, j&rsquo;ai pris mon parti et j&rsquo;ai attendu que les jours passent.<\/em><br \/>\n<em> Dans le petit matin, j&rsquo;ai parcouru les rues qui me menaient \u00e0 destination. Tout \u00e9tait calme et paisible dans les environs. Rien ne rappelait les jours sombres que l&rsquo;on m&rsquo;avait cont\u00e9s, sinon quelques d\u00e9tails qu&rsquo;il fallait chercher avec attention\u00a0: ici, abandonn\u00e9e dans un terrain vague, une carcasse de voiture consum\u00e9e\u00a0; l\u00e0, des affiches pleines de paroles dures et de couleurs fortes. Je m&rsquo;amusais de d\u00e9couvrir notre histoire racont\u00e9e ainsi, en filigranes.<\/em><br \/>\n<em> Mais j&rsquo;aurais mieux fait de ne jamais entrer dans la ville entre les Monts. Comment pouvais-je me douter qu&rsquo;en entrant dans cette ville, j&rsquo;allais La rencontrer\u00a0?<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la grande ville, il essaie de se rep\u00e9rer, demande son chemin. On lui conseille d&rsquo;aller au pied du beffroi pour ensuite mieux trouver ce qu&rsquo;il cherche. Pr\u00e8s de la tour, il a un aper\u00e7u des environs. Il soupire en dominant de cette hauteur la cit\u00e9. En suivant les indications r\u00e9p\u00e9t\u00e9es des habitants, il finit par trouver l&rsquo;auberge. Deux nuits. Il paie et ressort presque aussit\u00f4t.<br \/>\nDisposant de quelques jours pour d\u00e9couvrir l&rsquo;endroit, il se renseigne sur ce qu&rsquo;il y a \u00e0 faire. Tandis qu&rsquo;on lui conseille vaguement quelques b\u00e2timents religieux d&rsquo;un int\u00e9r\u00eat relatif, une voix se fait entendre dans son dos. Une voix de femme. Une douce voix de jeune femme.<br \/>\n&#8211; Tu veux que je te fasse visiter la ville\u00a0?<br \/>\nIl se retourne et tombe sur un sourire impeccable. Plus haut, deux yeux verts p\u00e9tillent. Comment r\u00e9pondre \u00e0 un sourire autrement que par un autre sourire\u00a0? Il laisse ses l\u00e8vres bouger d&rsquo;elles-m\u00eames et signale d&rsquo;un bref signe du menton qu&rsquo;il est d&rsquo;accord.<br \/>\nIls commencent par un petit-d\u00e9jeuner sur un banc public, plong\u00e9 dans un des nombreux petits espaces verts de la ville. La nourriture qu&rsquo;elle poss\u00e8de dans son sac est rapidement engloutie. Ils parlent. Elle, elle s&rsquo;appelle Catherine. Lui, c&rsquo;est Brishen. C&rsquo;est un nom peu banal mais qui lui va bien.<br \/>\nLes deux jours qu&rsquo;ils passent ensemble ne pr\u00e9sentent pas d&rsquo;importance particuli\u00e8re. Pendant ces deux jours, ils jouent le jeu de la s\u00e9duction. C&rsquo;est un jeu tr\u00e8s ancien qui, lorsque les deux joueurs d\u00e9cident d&rsquo;aller dans la m\u00eame direction, ne fait que des gagnants. Peu \u00e0 peu, ils tissent des liens l&rsquo;un envers l&rsquo;autre. Le dernier jour, suivant le fil de leurs envies, leurs l\u00e8vres se rencontrent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Je suis parti. Je ne voulais pas mais je le devais. Il fallait que je retourne d&rsquo;o\u00f9 je venais. Tout le monde comptait sur moi, \u00e0 la maison. On m&rsquo;attendait. Je l&rsquo;ai laiss\u00e9e \u00e0 Mons, pr\u00e8s du beffroi, tandis que les cloches r\u00e9sonnaient une derni\u00e8re fois dans l&rsquo;air froid de la ville. Je pensais \u00e0 elle en allant chercher les b\u00eates. Je pensais \u00e0 elle en payant le fermier. Je pensais \u00e0 elle sur le chemin qui me ramenait chez moi.<\/em><br \/>\n<em> Tout \u00e9tait pr\u00eat. Je suis retourn\u00e9 sur le chemin que j&rsquo;avais emprunt\u00e9 sous la pluie froide du matin, quelques jours et quelques baisers plus t\u00f4t. Je savais bien qu&rsquo;il ne pouvait en \u00eatre autrement, et pourtant cela me d\u00e9chirait le c\u0153ur.<\/em><br \/>\n<em> Mais sur la route, elle \u00e9tait l\u00e0, belle dans sa tristesse, superbe dans sa r\u00e9solution. Ah\u00a0! Ses yeux&#8230;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle l&rsquo;a suivi. Elle a attendu quand il est all\u00e9 chercher les b\u00eates, elle l&rsquo;a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 quand il a pris ce long chemin droit, sans bifurcation. Maintenant, elle est l\u00e0, telle un rocher \u00e9mergeant de la mer. Comme il s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9 sur le chemin, ne sachant quoi dire, elle se jette dans ses bras. Il en l\u00e2che presque la corde qui retient son cheptel. Il ne veut pas lui dire une nouvelle fois qu&rsquo;elle ne peut pas venir avec lui. Alors, muet, il la serre dans ses bras et sanglote et murmure cent mots d&rsquo;amour. Elle, elle se laisse porter par ses bras autant que par ses phrases balbuti\u00e9es.<br \/>\nEnfin, il d\u00e9gage sa t\u00eate de la nuque de Catherine et plante ses yeux noirs dans ses yeux verts. Elle fr\u00e9mit l\u00e9g\u00e8rement et lui prend la parole.<br \/>\n&#8211; J&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9\u00a0! Je pars avec toi\u00a0! O\u00f9 que tu ailles\u00a0!<br \/>\nIl ouvre la bouche et veut r\u00e9pondre que c&rsquo;est impossible mais se ravise. Il n&rsquo;a pas le courage de la faire changer d&rsquo;avis. Les amoureux se regardent un bref instant. Il lui sourit, sachant qu&rsquo;il est sur le point de faire une b\u00eatise. Elle lui sourit aussi. Les plus belles b\u00eatises sont celles que l&rsquo;on fait \u00e0 deux. Il passe sa main autour de sa taille et l&#8217;emm\u00e8ne avec lui. Ils s&rsquo;en vont, avec le troupeau b\u00ealant derri\u00e8re eux.<br \/>\nQuittant le chemin, ils se retrouvent dans un champ boueux. Ils atteignent leur destination en peinant. Ils s&rsquo;arr\u00eatent en face d&rsquo;une boucle d&rsquo;autoroute. Il lui explique qu&rsquo;il n&rsquo;est pas venu en voiture, mais par les airs. Elle n&rsquo;en croit rien. Il n&rsquo;est pas encore l&rsquo;heure. Ils attendent, elle heureuse, lui soucieux. Enfin, lorsque la nuit est bien avanc\u00e9e, que le trafic en est r\u00e9duit au passage de quelques voitures isol\u00e9es, il prend une b\u00eate dans ses bras, confie \u00e0 Catherine le reste des moutons et traverse la route. Par la suite, il fait et refait le trajet plusieurs fois, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que tout le troupeau soit pass\u00e9.<br \/>\nDans une clairi\u00e8re, cach\u00e9e aux yeux de tous, une machine \u00e9trange repose. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une sph\u00e8re m\u00e9tallique de la taille d&rsquo;une petite maison. Elle attend son propri\u00e9taire, recouverte d&rsquo;une mince pellicule de givre matinal, \u00e9tincelante sous la puissance de l&rsquo;\u00e9clairage artificiel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Je l&rsquo;ai emmen\u00e9e avec moi, dans notre village. Au-dessus des nuages. L\u00e0-haut, nous vivions tous heureux, loin de la peur et de la haine de ces gens d&rsquo;en bas. Depuis une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es, maintenant, nous errions dans les nuages, enfin libres. Il n&rsquo;y avait plus de fronti\u00e8res, dans les airs.<\/em><br \/>\n<em> Lorsque je suis arriv\u00e9 avec Catherine, je l&rsquo;ai pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la communaut\u00e9. Quelques-uns ont compris que sa pr\u00e9sence am\u00e8nerait des probl\u00e8mes, beaucoup de probl\u00e8mes. Ils m&rsquo;ont fait part de leurs craintes. Tout cela m&rsquo;\u00e9tait bien \u00e9gal\u00a0: je l&rsquo;aimais. En outre, maintenant qu&rsquo;elle \u00e9tait l\u00e0, il \u00e9tait impossible de la renvoyer. Elle connaissait notre secret et risquerait de le r\u00e9v\u00e9ler, si elle redescendait sur terre.<\/em><br \/>\n<em> Dans ce gigantesque complexe qui abritait tant de familles, nous en formions une nouvelle, sous un ciel toujours bleu. Le temps passait et apr\u00e8s plusieurs poign\u00e9es de semaines, nous avons eu la surprise de voir le ventre de Catherine s&rsquo;arrondir.<\/em><br \/>\n<em> Malheureusement, notre joie n&rsquo;a pas dur\u00e9&#8230;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le silence des hautes sph\u00e8res, trois h\u00e9licopt\u00e8res surgissent d&rsquo;entre les brumes. Un projecteur s&rsquo;allume. Bient\u00f4t, le village flottant est forc\u00e9 de regagner le sol. Lentement, ils quittent les cieux pour la terre. Clou\u00e9s au sol, les autorit\u00e9s les attendent.<br \/>\nL&rsquo;enqu\u00eate sur la disparition de la jeune Catherine a men\u00e9 \u00e0 ce jeune homme, Brishen. Un homme aux traits caract\u00e9ristiques. Tr\u00e8s vite, on s&rsquo;est inqui\u00e9t\u00e9 de la pr\u00e9sence de gens de voyage en Belgique. L&rsquo;arm\u00e9e a pris le relai pour finalement d\u00e9couvrir le havre flottant o\u00f9 ils vivaient.<br \/>\nLa jeune fille est s\u00e9par\u00e9e de son amour et doit rejoindre le giron parental qu&rsquo;elle avait fui. Elle pleure beaucoup, tandis que dans la nuit, dans la sombre absurdit\u00e9 de la nuit, la police fait son travail.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>L&rsquo;administration belge a fait des merveilles, comme l&rsquo;on pouvait s&rsquo;y attendre. Nous n&rsquo;avions pas de papier en r\u00e8gles, \u00e9videmment. Et, \u00e0 cause de notre couleur de peau, \u00e0 cause de notre l\u00e9ger accent, de nos traditions, de nos v\u00eatements, \u00e0 cause de toutes nos diff\u00e9rences, nous avons \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s. Loin. Dans un pays que je ne connaissais pas, o\u00f9 les gens nous d\u00e9testaient encore plus que l\u00e0 d&rsquo;o\u00f9 nous venions. Dans un pays que je n&rsquo;avais jamais vu, que je ne connaissais pas, o\u00f9 l&rsquo;on ne parlait pas la langue que mes parents m&rsquo;avaient apprise, mais qui \u00e9tait dor\u00e9navant ma patrie.<\/em><br \/>\n<em> Avec nous, c&rsquo;\u00e9taient les derniers Boh\u00e9miens qui passaient les fronti\u00e8res occidentales. Ce spectacle rouvrit de vieilles blessures en Occident. Pour nous, c&rsquo;\u00e9tait la fin de tout. Mais la vie devait continuer, au nom d&rsquo;une pulsion insens\u00e9e qui nous poussait tous \u00e0 toujours repartir.<\/em><br \/>\n<em> J&rsquo;ai fini par apprendre, au prix de nombreuses recherches, que Catherine est morte il y a quelques semaines. Elle a une nouvelle fois fugu\u00e9, enceinte, dans le froid wallon. Elle est morte dans la nuit. Elle serait encore vivante aujourd&rsquo;hui si je l&rsquo;avais laiss\u00e9e sur terre. J&rsquo;ai tout g\u00e2ch\u00e9. J&rsquo;ai tout d\u00e9truit, par \u00e9go\u00efsme. J&rsquo;aimerais tellement m&rsquo;envoler \u00e0 nouveau et \u00eatre avec elle&#8230;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le glas sonne dans Ghlin, tandis que la pluie glac\u00e9e tombe sur le cercueil de Catherine. Alors que les derni\u00e8res notes fendent l&rsquo;air, \u00e0 des milliers de kilom\u00e8tres de l\u00e0, le corps de Brishen pend doucement au bout d&rsquo;une corde, ne touchant plus le sol. Tout est fini.<\/p>\n<p class=\"wp-flattr-button\"><a class=\"FlattrButton\" style=\"display:none;\" href=\"https:\/\/inspirationdesurvie.net\/blog\/dans-les-nues\/\" title=\" Dans les nues\" rev=\"flattr;uid:Alexis_Ids;language:fr_FR;category:text;tags:Amour,Ciel,Gens du Voyage,Nuages,blog;popout:0;button:compact;\">Ghlin. 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