{"id":314,"date":"2014-01-20T15:29:14","date_gmt":"2014-01-20T15:29:14","guid":{"rendered":"http:\/\/inspirationdesurvie.net\/blog\/?p=314"},"modified":"2015-08-23T12:34:16","modified_gmt":"2015-08-23T12:34:16","slug":"vertige","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/inspirationdesurvie.net\/blog\/vertige\/","title":{"rendered":"Vertige"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Dans quelques semaines, j&rsquo;aurai vingt-quatre ans. Dans quelques mois, j&rsquo;en aurai vingt-cinq. Dans quelques ann\u00e9es, j&rsquo;en aurai trente. Dans quelques d\u00e9cennies, je serai mort. Dans quelques si\u00e8cles, j&rsquo;aurai \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9.<br \/>\nEt pourtant. Et pourtant, je suis toujours l\u00e0 face \u00e0 mon \u00e9cran, assemblant des mots et des pens\u00e9es \u00e0 l&rsquo;envers et \u00e0 l&rsquo;endroit. Et pourtant, je suis toujours l\u00e0\u00a0: je n&rsquo;ai pas peur de cette fin qui s&rsquo;am\u00e8ne, qui s&rsquo;approche in\u00e9luctablement.<br \/>\nD&rsquo;ailleurs, que pourrais-je donc faire\u00a0? Fuir\u00a0? Fuir hors du temps\u00a0? Dans les narcotiques, m&rsquo;engourdir dans des sommeils artificiels en attendant le sommeil absolu\u00a0? Je n&rsquo;en ai pas besoin\u00a0: j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 mes petites drogues qui me tiennent \u00e9loign\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9. J&rsquo;ai la musique, j&rsquo;ai la lecture, j&rsquo;ai des films, et enfin j&rsquo;ai ses bras \u00e0 Elle, dans lesquels je peux tout oublier.<br \/>\nC&rsquo;est que, pass\u00e9 l&rsquo;envie de fuir, parce qu&rsquo;on a compris que \u00e7a ne servait \u00e0 rien, il vient l&rsquo;envie de se poser des questions\u00a0: d\u00e9j\u00e0, pourquoi fuir\u00a0? Pour aller o\u00f9\u00a0? Il n&rsquo;y a nulle part d&rsquo;autre o\u00f9 aller. Bien. Donc, on ne peut rien faire d&rsquo;autre que d&rsquo;attendre l\u2019inexorable. Une fois qu&rsquo;on a compris que les questions restent le plus souvent sans r\u00e9ponse, on peut prendre le temps de s&rsquo;arr\u00eater et de r\u00e9fl\u00e9chir.<br \/>\nMais&#8230; D\u00e8s lors&#8230; R\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 quoi\u00a0?<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On pourrait se mettre en t\u00eate de chercher un but \u00e0 tout \u00e7a. Et puis, on apprend qu&rsquo;on n&rsquo;est pas le premier et qu&rsquo;on ne sera surement pas le dernier \u00e0 chercher. \u00c7a calme.<br \/>\nEt puis, avant m\u00eame de pouvoir trouver de bonnes r\u00e9ponses, il faudrait trouver de bonnes questions. Pourquoi l&rsquo;univers\u00a0? Non, trop vaste. Pourquoi moi\u00a0? Mouais, &lsquo;fin une fois qu&rsquo;on a compris la reproduction, les gam\u00e8tes, etc., on a fait le tour et on n&rsquo;est pas plus avanc\u00e9. Alors&#8230; Comment moi\u00a0? Oui, pas mal. Apr\u00e8s tout, l&rsquo;outil qui pourrait r\u00e9pondre \u00e0 toutes ces questions, c&rsquo;est moi. Et avant de pouvoir se servir d&rsquo;un outil, il faut comprendre de quoi il est fait, \u00e0 quelles lois il ob\u00e9it, selon quels m\u00e9canismes il proc\u00e8de.<br \/>\nPour bien faire, il faudrait un endroit o\u00f9 tout peut arriver, sans limite aucune. Et voil\u00e0 comment on se retrouve \u00e0 \u00e9crire un beau soir en divaguant tant bien que mal dans les brumes de son imagination. Parce qu&rsquo;une page blanche, c&rsquo;est un univers vide. Tout peut s&rsquo;y passer, du moment qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas de la r\u00e9alit\u00e9. Trop complexe, la r\u00e9alit\u00e9. Trop vaste, elle ne se laisse pas enferm\u00e9e dans un simple assemblage de lettres et de mots.<br \/>\nL&rsquo;\u00e9criture, c&rsquo;est la libert\u00e9 forc\u00e9e. Un grand coup de pied au cul de l&rsquo;imagination. Tout se vide \u00e0 remplir. Premi\u00e8re r\u00e9action\u00a0: le remplir de soi. Jusqu&rsquo;\u00e0 la naus\u00e9e. Pour avoir enfin un reflet de soi dans lequel on puisse se reconna\u00eetre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bref. Si j&rsquo;\u00e9cris, ce n&rsquo;est pas pour les autres.<br \/>\nC&rsquo;est pour moi. Sinc\u00e8rement, je n&rsquo;en ai pas grand chose \u00e0 faire du monde ext\u00e9rieur. J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 assez de souci avec mon monde int\u00e9rieur. Un sacr\u00e9 bordel faut dire. Tout au long des ann\u00e9es, on est venu d\u00e9verser dans ma t\u00eate des informations. Beaucoup d&rsquo;information. Et sans mode d&#8217;emploi, encore bien. Finalement, il y aura eu bien peu de professeurs pour m&rsquo;expliquer ce que je devais faire de toutes cette information. On s&rsquo;est souvent content\u00e9 de me les jeter \u00e0 la figure. C&rsquo;est pas des mani\u00e8res.<br \/>\nVoil\u00e0, je suis une sorte de grand foutoir. Un fouillis o\u00f9 l&rsquo;on retrouve de tout. Je me fais parfois l&rsquo;impression d&rsquo;avoir pris au vol tout ce qui m&rsquo;int\u00e9ressait durant mon adolescence. Des bouts de ceci, des parts de cela. Et vous voudriez que je m&rsquo;y retrouve l\u00e0-dedans. Mais vous n&rsquo;\u00eates pas s\u00e9rieux\u00a0!<br \/>\nEnfin, voil\u00e0 pourquoi j&rsquo;\u00e9cris\u00a0: pour me trouver. L&rsquo;\u00e9criture, c&rsquo;est avant tout un dialogue de soi \u00e0 soi. Les autres arrivent au second plan. Si j&rsquo;\u00e9cris, c&rsquo;est avant tout pour me trouver, au milieu de ce labyrinthe gigantesque, fait de pens\u00e9es d&rsquo;autres qui ont eu la mauvaise id\u00e9e de ne pas \u00eatre moi.<br \/>\nEt pourtant, ils \u00e9taient moi, en quelque sorte. Parce que je suis eux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tiens, pour aller du c\u00f4t\u00e9 de la m\u00e9taphore, on pourrait dire que j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 une pellicule photographique expos\u00e9e sans interruption pendant plus de deux d\u00e9cennies \u00e0 tout et n&rsquo;importe quoi. Car oui\u00a0: tout m&rsquo;a marqu\u00e9. Certaines choses plus que d&rsquo;autres, mais au final, tout m&rsquo;a marqu\u00e9.<br \/>\nTout a eu de l&rsquo;importance. Chaque mouvement de chaque personne sur Terre depuis ma naissance m&rsquo;a touch\u00e9, au moins indirectement. Je suis le produit de mon \u00e9poque, je suis le r\u00e9sultat de la rencontre des pens\u00e9es, des r\u00eaves, des id\u00e9es de chaque \u00eatre humain sur cette plan\u00e8te.<br \/>\nEt on viendrait oser parler d&rsquo;un <em>moi<\/em>\u00a0? Mais est-ce qu&rsquo;il existe seulement, le <em>moi<\/em>\u00a0? Est-ce qu&rsquo;on ne devrait pas parler d&rsquo;un gigantesque <em>eux<\/em>, ou \u00e0 la limite, d&rsquo;un <em>nous<\/em>\u00a0? En plus, \u00e7a tombe bien\u00a0: on reviendrait au grec et \u00e0 son \u03bd\u03bf\u1fe6\u03c2, un de ses mots pour d\u00e9signer la \u00ab\u00a0pens\u00e9e\u00a0\u00bb ou l&rsquo;\u00ab\u00a0\u00e2me\u00a0\u00bb.<br \/>\nEnfin, je m&rsquo;\u00e9gare. O\u00f9 en \u00e9tais-je avant de partir \u00e0 la d\u00e9rive sans la moindre consid\u00e9ration pour un quelconque fil arianesque\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;\u00e9cris pour me trouver. Dans le grand tourbillon de la vie, j&rsquo;ai tourn\u00e9 sur moi-m\u00eame pendant des ann\u00e9es. Autant dire que c&rsquo;est le genre de chose qui donne un sacr\u00e9 vertige. Donc, il faut trouver des rep\u00e8res au milieu de tout \u00e7a. Se trouver soi-m\u00eame, comprendre o\u00f9 l&rsquo;on est, ce que l&rsquo;on est.<br \/>\nL&rsquo;\u00e9criture permet de figer l&rsquo;instant. O\u00f9 suis-je\u00a0? L\u00e0. C&rsquo;est ma pens\u00e9e qui se trouve ici. Je suis ce noir sur ce blanc, bouteille virtuelle jet\u00e9e dans l&rsquo;oc\u00e9an num\u00e9rique. Je peux me lire, me relire. Je peux me d\u00e9couvrir. Pardon. Je voulais dire\u00a0: \u00ab\u00a0Je peux me d\u00e9couvrir\u00a0\u00bb. Et me contempler. La contemplation ultime. Pas nombriliste, non, non. Juste qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de ma t\u00eate, il y a un monde que je crois conna\u00eetre mais que je ne parcours pas assez souvent.<br \/>\nJ&rsquo;\u00e9cris parce que c&rsquo;est comme \u00e7a que j&rsquo;aime voyager en-dedans moi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et c&rsquo;est la raison pour laquelle j&rsquo;\u00e9cris moins souvent ces temps-ci. Parce qu&rsquo;au milieu de tout \u00e7a, il y a Elle. D&rsquo;un coup, Elle est apparue dans ma vie et m&rsquo;a apport\u00e9 un rep\u00e8re, des r\u00e9ponses \u00e0 mes questions et aussi un reflet de moi-m\u00eame. O\u00f9 suis-je\u00a0? Dans ses bras. Pourquoi est-ce que j&rsquo;existe\u00a0? Pour qu&rsquo;Elle sourie. Qui suis-je\u00a0? Celui qu&rsquo;Elle aime. Un nouveau dialogue s&rsquo;installe, non plus entre moi et moi, ni entre moi et eux, mais entre moi et Elle. La situation est plaisante. Pourquoi continuer de dialoguer avec moi-m\u00eame quand je peux juste me fondre dans le bonheur qu&rsquo;Elle m&rsquo;apporte\u00a0?<br \/>\nParce que l&rsquo;exp\u00e9rience continue. Je dois continuer d&rsquo;\u00e9crire, afin de trouver ce qu&rsquo;il y a au-del\u00e0 du bonheur, afin de comprendre qui je suis r\u00e9ellement, d\u00e9barrass\u00e9 de toutes les influences qui se sont superpos\u00e9es sur moi. Aussi tentant que cela soit de passer chaque minute et chaque seconde dans ses bras, sans rien faire d&rsquo;autre qu&rsquo;\u00e9couter la musique de sa respiration et de son c\u0153ur qui bat, l&rsquo;exp\u00e9rience continue.<br \/>\nLa qu\u00eate de soi doit se faire partout simultan\u00e9ment. Dans le dialogue avec les Autres, dans Ses yeux et dans l&rsquo;\u00e9criture. Et, au pire, si je ne me trouve pas, j&rsquo;aurai au moins touch\u00e9 au bonheur. C&rsquo;est pas si mal, \u00e0 la r\u00e9flexion.<\/p>\n<p class=\"wp-flattr-button\"><a class=\"FlattrButton\" style=\"display:none;\" href=\"https:\/\/inspirationdesurvie.net\/blog\/vertige\/\" title=\" Vertige\" rev=\"flattr;uid:Alexis_Ids;language:fr_FR;category:text;tags:\u00c9crire,Elle,Identit\u00e9,Information,Miroir,Vertige,blog;popout:0;button:compact;\">Dans quelques semaines, j&rsquo;aurai vingt-quatre ans. Dans quelques mois, j&rsquo;en aurai vingt-cinq. Dans quelques ann\u00e9es, j&rsquo;en aurai trente. 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